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La vérité, parfois, passe mieux sous forme de satire .Jostein Gaarder. 

 

 

Samedi 10 juin 2006
J'ai écrit ça hier sur un coup de tête (but de Laurent Blanc!), donc à défaut d'autre chose... Vous allez sans doute trouver ça très chiant, surtout la deuxième moitié. Qu'à cela ne tienne, au moins j'ai écrit quelque chose, et ça faisait longtemps. J'aurais peut-être dû le divisr en deux textes différents. Tant pis, bonne lecture!

Voisins : Enlève la mousse ! (une voix d’homme) Non ! (voix de femme) Mais je te dis d’enlever la mousse, c’est de la merde la mousse (très vite). Chuchotis agacés de femme. Lutte physique discrète, chuchotis de femme très énervée, bruits de tissus. Mais enlève la mousse ! Ca attire les bêtes (comme en faisant un effort pour se dégager d’une emprise, et chuchotis de femme, de plus en plus bruyants) On m’a dit que ça attirait les bêtes, je te dis (sans doute mouvement pour arracher la mousse, bruit de claque sur la main, rires de femme chuchotés, qui s’excuse mais non, elle n’enlèvera pas la mousse). Il s’énerve et veut prendre les choses en main, et hop une paire de baffes dessus. Elle chuchote un rire nerveux de petite fille. Elle a gagné, on ne la privera pas de sa jolie mousse. Bien entendu au début j’ai cru que ça parlait de bière. En fait non. Jardinage. Hommes et femmes au jardin. Enfin au balcon, un jardin miniature. Lui, il veut bien des plantes, mais pas de « bêtes »… Elle, les bêtes elle ne court pas après. Mais quand elle jardine, elle rêve de faire l’amour dans la nature, à la sauvage. Sur de la mousse, par exemple, peu importe si ça étouffe ses impatiences, la mousse c’est tellement romantique, tellement joli. Confortable. Le confortable est confortable à observer. Mais il a raison, en fait. Elle a le sens de l’image, il a le sens du pratique.

Ah ces images de coïts romantiques débiles dont on rêve et qui sont en fait les pires moments, au sens pratique du terme. L’amour dans la nature : sur un nid de fourmis qu’on n’avait pas vu, près d’un buisson d’orties un peu trop discret, la visite inattendue du fermier du coin… et ça encore c’est rien. Une petite levrette et des écorchures aux genoux et sous les mains. Je l’ai fait quand, déjà, mon rappel DTP ? Epilogue : la séance de lavage des vêtement pleins de terre, comme un retour à la réalité. Peut-être même un certain regret, j’ai pas non plus que ça à faire ! Et puis il y avait un petit gravier qui m’a arraché la peau de l’omoplate… Pour lui tout va bien, il n’a qu’à ouvrir sa braguette et sortir le matos, mais moi il veut me voir à poils sinon rien ! Ou l’amour à la plage : déjà, faut la trouver, la plage vide, en été (parce que les images qu’on nous montre, c’est l’été). Le va-et-vient de la mer. Et imaginez qu’elle monte ! Ha ! On n’y avait pas pensé, à ça, hein ?! ben faut se déplacer. Et les grains de sables indiscrets, et le folklore local : tiens j’ai trouvé une praire dans mon vagin en prenant la douche ! T’as faim ? Tant que c’est pas un mégot ou un bouchon de coca… La solution inverse serait une plage de galets, c’est aussi très joli, ça a l’air rond et doux, mais je garantis pas du confort. En fait, le confort n’est confort que quand il est fantasmé : il avait l’air tellement confortable, cet oreiller… bing ! allergie !

Revenons à nos voisins : ça commence à se bécotter. Mais c’est sans intérêt. Encore une jolie nana dynamique, jeune femme brillante et qui gagne du pognon, qui s’est trouvé un gros mou qui va se la taper en restant allongé sur le dos. Un gros mou de sous-directeur de maison de retraite, ou un truc comme ça, un métier qui n’existe pas à part pour les boîtes d’assurance. Petite envie de gerber, je reviens dans cinq minutes. Bon je mets la musique tout bas pour entendre autre chose, mais surtout qu’elle ne passe pas sa tête pour me demander de baisser le son… j’aurais honte du bordel de mon studio ! Kaboul. Donc pas trop de son. Et puis rien de trop violent. J’aurais bien mis du Léo à fond la caisse, ou bien un bon gros rap, histoire de décompresser, à entendre mes voisins s’envoyer en l’air alors que je suis cloîtrée chez moi à écrire ce mémoire à la con! Paris Combo. Moindre mal… Enfin ça parle quand même d’amour, bordel de merde, vous avez pas d’autre idée ? Hier j’ai voulu rompre un peu avec Poldi (Leopold Bloom, un personnage de Joyce, sur lequel j'écris mon miteux mémoire), je me suis autorisée à finir De Profundis. Génial. Bon ça parle d’amour. Mais génial. J’ai même posé deux marque-pages, chose que je ne fais jamais : « rien n’est plus rare, pour un homme, que de commettre un acte bien à lui », et « une journée passée sans pleurer est une journée durant laquelle le cœur s’est durci, et non une journée pendant laquelle le cœur a été heureux ». Enfin je mets des guillemets, mais c’est pas exactement ça. C’est ce que j’ai voulu y lire. Ça sert à rien de retenir un bouquin. L’intérêt c’est de retenir ce qu’on y a lu, nous, l’individu. Même si ça veut pas dire ça. Ce qui compte c’est ce qu’on en retire de façon personnelle. Je n’ai peut-être rien compris à Joyce, mais sans lui je ne serais pas en train d’écrire ces lignes. Si un jour, je suis une grosse intello reconnue par le milieu (pour ça il faudrait que je vende mon âme en changeant de langage), j’écrirai un article ou un bouquin là dessus, en tout joli, tout argumenté.

Il n’y a rien de plus mesquin que l’argumentation. C’est l’anti-amour par excellence. En argumentant ce que je viens de dire sur l’utilité de la lecture, je serais capable de ne plus y croire, de ne plus être follement amoureuse de cette idée. L’écriture universitaire me pose le même problème. Quand j’écris « comme il faut », je suis incapable, d’être, dans le fond, d’accord avec moi. Parce que ce qu’on écrit, c’est ce qu’on est, sinon ça ne sert à rien. Je ne suis pas moi quand j’écris mon mémoire. Je suis l’étudiante numéro 20106251, et je suis la note que j’aurai. Mieux : je n’écris pas un mémoire, j’écris directement le diplôme qu’on me donnera le cas échéant. J’aime écrire comme je parle. Et j’aime parler comme ça vient. Refuser les influences extérieures, c’est se couper du monde. Moi j’ai envie d’exister. Mon vieux prof qui a passé sa vie dans les bouquins, et qui me demande (dixit !) de reformuler ce que je dis en me mettant dans la peau d’une étudiante de Master (j’avais tapé « peur » à la place de « peau ») , lui il ne fait plus partie du monde. Parce qu’il n’est plus capable de comprendre qu’un seul langage : le sien. Non je n’utiliserai pas le mot sclérosé, c’est débile : le langage que l’on dit « sclérosé » est encore à l’heure actuelle le plus efficace, s’il est maîtrisé. En ce qui me concerne, ce n’est pas que je ne l’aime pas, ni que je ne le maîtrise pas (enfin j’espère), c’est juste que je ne m’y sens pas chez moi. Enfin bien obligée d’y passer de temps en temps. On peut parler comme on veut, écrire comme on veut. Il n’y a pas de bon et de mauvais langage. Le tout c’est d’être en mesure, au moins, de comprendre le langage des autres. Et cela ne relève pas d’une maîtrise de la langue, de l’argot ou du verlan, mais plutôt d’une intelligence Humaine préalable. Et ça ça s’acquiert assez facilement si on n’est pas un gros con qui prétend pisser face au vent sans en mettre sur ses shoes.

Tiens, plus de bruit à côté. Pas très performant, le gros qu’aime pas les bêtes ! Enfin c’est pas mon problème, d’ailleurs moi non plus j’aime pas les bêtes, et il est temps d’allumer la lumière, alors je vais aller fermer la fenêtre, plutôt que d’en venir à les buter à l’heure à laquelle je pèterais les plombs ce soir (une fois par soir en moyenne, et ça se traduit à chaque fois de façon différente, mes cartouches de clopes espagnoles le sentent bien.) Hier je me suis acharnée sur les Cahiers du Football. J’ai lu leur page de long en large. J’ai beaucoup ri ! Et beaucoup fumé parce que forcément je culpabilisais de faire une pause, un peu comme en ce moment, ha ha ha ! Tâtez mes bronches, mon bon seigneur, tâtez mes bronches... Allez, j’y retourne, pardon pour les fautes de frappe, j’ai pas le temps de relire !
par Asherette publié dans : Asherette publique
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Commentaires

T'as raison ! on dit s'qu'on veut, où on veut et quand on veut ! M'enfin !!!...


ET DEPECHE TOI DE L'BOUCLER TON "MEMOIRE MITEUX A LA CON" !!! on pourra passer à autre chose...


et aux 2 chaudos, j'leur mettrais bien un p'tit coup de BEZU bien à fond, non !? kestenpense ?

commentaire n° : 1 posté par : buzznico3000 le: 15/06/2006 13:11:01
Pas con...


En tous cas contente d'avoir une visite de la famille... surtout que toi en particulier tu ne viens jamais... Ca fait toujours plaisir un bon gros commentaire bourin avec la nico touch!


Gros bisous dans ta gueule, et embrasse ta famille de ma part!
réponse de : asherette (site web) le: 15/06/2006 19:13:24

dis donc, l'amour dans la nature ça sent le vécu! Décrit de façon si précise....


Allez, au boulot, grande! Dernière ligne droite et après VA-CAN-CES!


 

commentaire n° : 2 posté par : zouz le: 16/06/2006 14:39:45
Je vois pas de quoi tu parles, moi jamais de la vie avant le mariage!




tu sais que j'ai l'imagination débordante!
réponse de : (site web) le: 16/06/2006 18:25:48

L'argumentation est mesquine mais necessaire pour reellement croire en nos idées à condition de pas s'enfermer dans la justification absolue pour rester maître de nos idées et pensées...


Sinon les cahiers du football? bon choix pour se changer les idées, ils évitent de nous prendre la tête en se prenant pour des pseudo professionnelles du sport comme la plupart des consultant qu'on entend à longueur de journée qui arrive à nous faire detester le sport.


On est nos propres maîtres si on reste sur le chemin que l'on décide de prendre


 

commentaire n° : 3 posté par : ah voila le: 19/06/2006 14:10:27
Apparement il y a effectivement eu vacances suite à ce post... ;-)
commentaire n° : 4 posté par : Carolinedaily (site web) le: 17/07/2006 13:58:32

Bonjour ma douce... alors à quand ce p'tit dîner dans mes pénates !


Bizzzz

commentaire n° : 5 posté par : Sissi (site web) le: 23/08/2006 03:07:41
t'as pas qques trucs nouveaux à nous raconter?
commentaire n° : 6 posté par : Zouz le: 27/09/2006 10:08:35

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