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Lost in Asherette

Vendredi 24 décembre 2004
Bon, apparemment en ce moment je suis sympa, je fais le tour des sujets dont on ne parle que trop peu, donc après le football, Noël! C'est pas mal, non, pour un 24 décembre à trois heures du mat! Elle va bientôt naître, notre star vaticane! Au moins on peut reconnaître à celle-là qu'elle aura duré plus longtemps que nos pauvres "stars" de la télé-réalité! Remarquez, ça nous aurait causé moins de problèmes, non, si sa notoriété avait été éphémère! La guerre d'Irlande en moins, et les croisades, qui apparemment sont encore au goût du jour. Merci à Father Deubeul You pour ses Tres Saintes Prières avant ses réunions et avec ses futurs "soldats morts en Irak"... Merci encore pour sa War Against Evil qui va mettre la terre entière à feu et à sang, merci! Mais je m'éloigne du sujet...

Ca vous évoque quoi à vous Noël? Moi c'est bizarre, mais le prononcer me laisse un peu un arrière goût! Les tonnes de fric véhiculées par les cadeaux, les oubliés du Père Noël, la foule sur le Boulevard Haussman des embouteillages de piétons, les queues interminables aux caisses... Et puis tous ceux qui, le coeur vide, vont prétendre le temps d'un soir qu'ils sont heureux, pour ne pas faire de peine aux gens qu'ils aiment. Celui qui va prétendre, le temps d'un soir, qu'il aime sa famille, même Beau-Papa et Belle-Maman qui pourtant le haissent ouvertement, juste pour ne pas gâcher la soirée. Celui enfin, qui attendra avec impatience que tout le monde se barre vite fait pour pouvoir ouvrir l'enveloppe et mesurer à l'aune de son dédain l'avarice de celui qui a cacheté ladite enveloppe!

Vous allez nous embêter encore longtemps, toi et ton pessimisme? Qu'est-ce que tu vas ajouter, là, hein? Les petits vieux tout seuls avec leur dernière dent et leur clebs empaillé? Les enfants qui fêtent deux Noëls différents parce que Papa et Maman ne jouent plus au Papa et à la Maman? Ou bien tu vas nous réciter Les Etrennes des Orphelins, que tu te targueras sans doute de savoir par coeur, Madame Je-sais-mieux-que-tout-le-monde-que-le-bonheur-n'existe-pas?

En fait j'aurais bien aimé, et je le ferai peut-être l'an prochain, mais là non. Là j'ai passé la journée dans les magasins comme tout le monde à faire la queue et les cadeaux, comme tout le monde à detester ceux qui n'avancent pas, et comme tout le monde, à être celle qui bouche le passage à son tour avec ses multiples sacs. Je n'irai pas jusqu'à dire que j'ai aimé ça, il ne faut pas trop m'en demander. Je n'irai pas non plus jusqu'à vous dire que Noël, c'est magique!... Quoique...

Je pourrais continuer à parler de tout ce qui est décevant, choquant, révoltant dans Noël! Mais la liste a été faite bien avant que je ne fête mon premier réveillon! Je remarque juste que ça fait un bout de temps qu'on n'a pas lu quoi que ce soit de positif sur cette fête (sauf pour vendre, bien sûr!). Finalement, je ne sais pas comment Noël se passera! Ce sera peut-être un fiasco total! Mais là je m'en fous! Pourquoi, te demandes-tu, lecteur impatient? C'est simple: à chaque fois que je trouvais un cadeau pour quelqu'un que j'aime, j'imaginais sa réaction lorsqu'il déchirerait le papier brillant et découvrirait ainsi l'objet en question! J'imaginais, je voyais son regard non pas émerveillé, ça c'est des conneries, mais tout simplement content. Ou plutôt je revoyais ce regard, pour l'avoir déjà vu maintes fois, et je revivais ce regard, pour l'avoir moi-même porté. Et le sourire me montait aux lèvres. Et je n'avais même plus mal au porte-monnaie.
Mon père soutient chaque année depuis toujours qu'il ne veut pas de cadeau. Donc chaque année depuis toujours, j'ai appris à reconnaître le regard qui signifie "bon je vais faire comme si c'était super" et le regard de gosse content. C'est ce regard de gosse que je veux faire sortir! Ce sourire du mec qui se sent con d'avoir fait la gueule quand on a sorti les cadeaux de la cheminée ou d'ailleurs! C'est ça, la clé de Noël! C'est tout simple, sans prise de tête! C'est la réussite du challenge suivant: par un petit geste, faire plaisir aux gens qu'on aime. Avec ma soeur on avait inventé l'inverse: offrir le cadeau le plus pourri possible aux gens qu'on n'aime pas et voir leur faux ravissement lors du déballage. Mais ce n'est pas aussi réjouissant que de voir ce petit regard magique se dessiner dans des yeux que l'on voudrait voir sans cesse, pas aussi apaisant que de discerner sur des lèvres chéries ce petit sourire timide mais franc dont on voudrait que jamais il ne s'efface.
Par Aude Sécheret - Publié dans : Asherette publique
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Jeudi 23 décembre 2004
Le football me manque un peu. Il ne vous manque pas, à vous? Comment ça, ça existe toujours? Ah bon? Comment ça on n'arrête pas d'en entendre parler? Comment ça je devrais lire l'Equipe?! Mais je lis l'Equipe! On n'y parle pas de football! On ne joue plus au football! Le football n'existe plus!

C'était un beau sport, tout plein de talent et de coeur! C'était des joueurs passionnés, c'était un sport populaire. Bien sûr, c'est toujours plus populaire que la F1: tu peux prendre un ballon et aller jouer avec quelques potes sur le terrain vague du coin... Mais on fait tout pour que tu y joues avec ton maillot à 75 € sur le dos et tes pompes adidas. Et le ballon, il faut que ce soit le Special Champions League, sinon rien! Vous vous souvenez la super pub Adidas, dans laqelle Davids nous fait un geste technique de malade? Le but c'est d'aller chercher un ballon dans une forteresse. Pourquoi? demande l'un des joueurs en mission, ce n'est qu'un ballon! Non, répond Figo, ou Thuram ou je ne sais quel milliardaire, "It's rounder"... La pub Ariel a fait son chemin: ils ont inventé le ballon plus rond que rond! Le football, aujourd'hui, c'est ça. Desailly au téléphone pour SFR, Zidane jambe gauche, jambe droite, toujours... et une gorgée de Volvic, Thuram et une quelconque marque de bagnole, Thuram qui a dû se faire des couilles en or en vendant son but sauveur contre la Croatie de Davor Suker en 98! Ca a même commencé avec ce cher Canto, vous vous rappelez cette pub d'une demi heure où notre artiste peintre (prononcer pénn-tre) filmait des mouettes avec un super caméscope? ou avec notre bouc émissaire de 94 (vous vous souvenez, non? la Bulgarie, Gérard Houiller, les premiers pas de Zidane qui avait encore des cheveux et quelque chose à prouver et de l'argent à gagner), qui n'avait même plus le droit d'avoir la tignasse crade à la fin d'un match, juste parce qu'il le valait bien!

Là tu prends le match en cours et tu demandes "Qui c'est qui gagne?" Et là TF1, Canal+, Sony, Adidas, Kappa, Euro-card Master-card, Coca-Cola et consors répondent tous en coeur: "c'est nouuuuuuuuuus!!!" Le football aujourd'hui, c'est 600 millions d'Euros de droits, des transferts dont le prix pourrait nourrir pendant un an l'Afrique entière, des footballeurs milliardaires qui continuent avec la pub de se faire du blé sur le dos des pauvres gens qui achètent du rêve, et qui achètent 100 € la place pour un match pour lequel ils se serreront la ceinture pendant trois mois... Et dire qu'il y a ne serait-ce que 15 ans, on pouvait aller voir Auxerre en coupe d'Europe pour 20 balles la place ! (oui, c'était à l'époque des balles)

Aujourd'hui, le fan de foot a le droit de payer son entrée, son maillot collector et son hot-dog à la mi-temps, tout ceci pour la modique somme de je-veux-même-pas-compter. Pour le reste, il se tait, il reste assis, parce que debout, les annonceurs n'aiment pas! Et surtout pas de fumigènes, surtout pas de serpentins, surtout pas de pouêt-pouêt!!! Manquerait plus que le football devienne une fête! Vous me direz Furiani, le stade qui s'écroule, Heysel, les supporters qui se tapent la gueule (29 Mai 1985, 39 morts), Hillsborough (15 Avril 1989, 96 morts), Ellis Park et des enfants piétinés parmi ses 43 morts... Oui je sais tout ça! C'est pas de ma faute si les gens sont cons! Mais je ne crois sincèrement pas que le football rende con. Je crois surtout que nos chers capitalistes, pour qui tous les moyens sont bons pour se faire du fric, exacerbent les rivalités pour faire un maximum d'entrées, pour que l'on consomme notamment les produits à l'effigie de nos équipes favorites (voir pour cela l'ouvrage de Daniel Riolo, Jean-François Pérès et David Aiello, OM PSG, PSG OM, les meilleurs ennemis)... Et puis entre piétiner des enfants et rester assis sans bouger, sans l'ouvrir comme à Roland Garros, il y a un juste milieu, non?

Les seules équipes que j'ai envie de soutenir aujourd'hui, les seuls clubs qui en vaillent la peine, ce sont les petits clubs (l'US Pont L'Evèque Football, le CA Lisieux, et les milliers de petits clubs dont on ignore le nom et l'existence) qui payent leurs cartons jaunes et rouges à la ligue pour qu'elle puisse faire ses chouettes galas au champagne, mais qui évitent aux jeunes de traîner dans les rues, de se droguer avec autre chose qu'une bonne suée, de se défouler sur autre chose qu'un ballon. Parce qu'à l'origine, il me semble, le football, c'était jouer au ballon... C'était un jeu, un sport, une fête, un art! Le football moderne n'est plus qu'un vulgaire argument de vente. Et au coup de sifflet final, on ne fait pas le compte des buts. On fait les comptes.
Par Aude Sécheret (merci à Christophe Hernandez) - Publié dans : Asherette publique
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Samedi 27 novembre 2004

Ca c'était pour récupérer les voix du FN. Il y avait un but, au moins. Une raison apparente. Et puis les chiraquiens, du coup, pouvaient presque utiliser cette raison apparente pour disculper notre cher Président: il ne le pensait pas vraiment, c'était purement stratégique. Et puis c'était il y a bien longtemps. Il y a prescription, hein, dites? On va arrêter d'embêter notre chichichéri avec cette erreur de jeunesse, ça commence à bien faire. Non mais! Bon.

Un certain dimanche 14 novembre, Sa Majesté Notre Président était en visite à Marseille, où il s'est retrouvé à la tenir le crachoir à quelques centaines d'étudiants. L'un d'entre eux lui demande ce qu'il pense du fait que trois milliards de terriens vivent (survivent, j'aurais dit... non?) avec 2 dollars par jour, soit moins que la somme quotidienne versée par l'Union Européenne à chacune de ses vaches. Alors là non, je dis stop! Pas touche à mes vaches! Il faut bien leur payer leurs farines animales, pour que comme nous les humains, elles mangent de la merde, pour que nous les humains qui les mangeons ensuite, continuions à choper la maladie de creutzfeld jacob, et pour qu'enfin José Bové ait toujours une raison d'exister. Et puis dans ces deux dollars, il faut compter les antidépresseurs, parce que les pauvres, la perspective de l'abattoir, ça les stresse un peu. Le lait d'une vache stressée est beaucoup moins bon, alors que le lait d'une vache stone dans les corn-flakes de vos enfants les rend heureux et peace pour la journée! Bref, c'est un "faux problème".
D'autant plus que les Africains, par exemple, (on prend les Africains parce qu'ils ont de très bonnes raisons d'être malheureux, j'imagine) sont très heureux, avec leurs deux dollars par jour! Regardez-moi, Jacques Chirac, quand je vais signer un contrat crapuleux en Afrique Noire, ou bien asseoir plus confortablement une dictature fascisante dans certains pays francophones (parce que la francophonie, c'est super important: hé! on est là! Eh! Nous aussi on a colonisé tout plein de pays ya longtemps! Et regardez comme on leur rend bien! Tous les deux ans on fête la francophonie! Et ça leur suffit, vous savez! Pas besoin de venir faire des études supérieures en France après... Vous savez y'a rien de tel que la démerde pour apprendre l'indépendance!) eh bien je parade toujours un peu, et là sur le chemin jusqu'à mon hotel grand luxe, je vois des jeunes qui on à peine un toit pour dormir. Mais pas besoin de toit, là bas! Il fait chaud! Et vous savez comment ils sont ces jeunes? je vous le donne dans le mille:
"Ils sont joyeux, parce que les Africains sont joyeux par nature. Ils sont enthousiastes. Ils ont le sourire. Ils applaudissent. Ils sont contents. Ils voient qu'il y a un monsieur qui passe, cela leur permet d'être sur le bord de la route."
Ah oui! Nous Afwicains toujouw contents! Et nous souwiw pawc'ke ya bon Banania! Hi hi! Nous applaudir pawc'ke wythme dans la peau. Nous contents de voiw un méssié qui passe, comme ça nous su la woute, et c'est wigolo d'êtwe su la woute! Chirac en Afrique, c'est Tintin au Congo: du racisme larvé.
Quand les Africains voient dans le chef d'Etat d'un pays riche l'espoir d'un meilleur avenir politique, économique et social pour leur pays, l'espoir d'un accès aux soins médicaux et à l'éducation pour eux-mêmes et les leurs, ben oui, ils sont plutôt contents. Chirac, lui, voit dans ces Africains plein d'espoir (c'est tout ce qui leur reste, l'espoir) un peuple d'imbéciles heureux contents de voir un monsieur - un Monsieur!!! parce qu'un monsieur ne peut être que blanc, riche et en costard-cravatte? il n'y a pas de "monsieur" en Afrique? - parce que ça leur fait de l'animation! Pourtant, l'animation, là-bas, c'est pas ça qui manque... Vous comprenez, le bruit, les odeurs...

                         

Par Aude Sécheret - Publié dans : Asherette publique
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Lundi 15 novembre 2004
Plutôt difficile de se mettre dans la peau de quelqu'un qui connait cette situation. Tout d'abord, Aude, je suis vraiment désolé pour ce qui t'est arrivé. Plus que désolé, en fait, je trouve cela d'une brutalité et d'une laideur terribles.

Ce qui est sûr, c'est que je n'aurais pas réagi comme toi depuis le début. J'aurais fermé ma gueule, trop effrayé de prendre un coup, et changé de place dès le début. Et si pour quelqu'autre raison le conflit avait semblé inéluctable, je crois que j'aurais pris la fuite avant... sauf si j'avais eu une arme sur moi. Je l'aurais utilisée au moins pour intimider, en espèce de figure grotesque jouant maladroitement avec un objet dangereux.
Une fois que ceci est dit, vous êtes en mesure de juger mon commentaire parce que je me suis affranchi du "moi je" en vous expliquant comment je pense que j'aurais réagi.Le problème est que je n'aurais peut-être pas réagi comme je le pense... Tout le reste n'est que supposition. Si tu accepte ces conditions, tu peux lire la suite.

Ta haine, Aude, est légitime, et la ramener au raisonnement qui pourrait la calmer te semble relever de la perte de dignité, de la résignation. Je ne peux qu'accepter ta conclusion.Cependant, je pense qu'il FAUT que tu l'oublies. Pas parce que le pardon est important pour quelque mystique rédemption mais parce que c'est quelque chose que tu dois à toi-même. Ne pas laisser la haine prendre place. Parce que la haine réduit le champ de vision. Parce que la haine est le néant qui TE diminuerait et qui ne ferait que te diminuer. La vengeance en elle-même t'apporterait peu de confort, parce qu'une fois que la haine est installée, elle s'autosuffit. Crois-moi, je hais la plupart des gens et je sais ce que c'est de n'avoir qu'un regard diminué, qu'un regard superficiel sur les choses.
Si tu veux que je sois parfaitement honnête, je ne comprends qu'à moitié ce que je suis en train de t'écrire. Tout ça n'est que paroles en lesquelles je suis obligé de croire parce que quand on est aveugle on a besoin d'une canne. Je pourrais essayer de le démontrer en te disant que tu oublies que tuer ce mec dans la rue t'enverrais en prison. Que tu ne prends pas en compte le fait que tu gâcherais une vie avec de belles espérances pour un moment de haine. Que tu souffrirais plus que lui qui au fond serait délivré de son "existance minable". Que tu oublies qu'il y a des combats plus importants dans ta vie que celui contre une humiliation.
Tu es quelqu'un d'intelligent, Aude. Tu perceras sûrement mieux que moi la profondeur de ce que je viens d'écrire. Pour le moment, je te demande simplement d'y refléchir, et d'essayer d'y croire.

Et pour tous ceux qui sont en train de refléchir à comment critiquer mon message... épargnez-vous quelques minutes, ma réponse à vos questions est ici:"Oui, je suis un messie à deux balles", "oui je suis naïf", "Oui je suis lâche", "Oui je tends l'autre joue", "Non, je ne suis pas croyant ou une grenouille de bénitier", "Oui je m'écoute parler... souvent!"
Par The Thirsty Scholar - Publié dans : Asherette perso
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Vendredi 12 novembre 2004
C'est une petite soirée comme les autres. Je rentre du Bateau Ivre, le 11 novembre 2004, il est 11h30 du soir, ce n'est même pas le dernier métro. Je change à La Motte Picquet Grenelle, et la ligne 6 est loin d'être vide. A Passy, cinq jogging-casquettes entrent dans la rame, et s'asseoient juste derrière moi. Ils me tirent les cheveux. Le truc improbable. Je me retourne et dis sèchement "Vous pouvez arrêter, s'il vous plaît? Merci!" puis me rasseois dans le bon sens. Ils rigolent, disent "quoi quoi mais qu'est-ce qu'il y a?" tout en le faisant de nouveau. Je me retourne et leur dis "Nan là vous arrêtez, c'est bon, c'est pas drôle, c'est débile, vous me faites chier et ça n'amuse que vous." "Mais attendez madame qu'est-ce qu'on vous a fait? A qui vous parlez, là?" "Vous foutez pas de ma gueule, je vous parle à vous quatre parce que je ne sais pas qui a fait ça, vous savez très bien. Alors maintenant vous arretez, ok?" Et je me lève pour me déplacer et être enfin hors de leur portée, sous les "oh la la, la meuf!".
Une petite frappe jogging bleu clair se lève alors de son siège et me lance "Non mais tu te fous de ma gueule ou quoi? Les mecs ils se sont excusés (ah bon?) et t'as vu comment tu leur parles? C'est bon c'est fini, tu vas pas en faire tout un plat, tu fermes ta gueule!" J'avais prévu de fermer ma gueule. Mais le fait qu'il m'en donne l'ordre m'en a empêché. "Attends, c'est bon! Là en l'occurence c'est toi qui es debout et qui en fais tout un plat, alors s'il y en a un qui ferme sa gueule ici, c'est toi!" (Le métro arrive à Trocadéro, Je me lève pour sortir parce que je me dis que si je reste ça va mal tourner, mais...) "Quoi? Vous entendez ça? Ca va pas se passer comme ça, putain la salope!" Ses potes se lèvent, l'air de dire calme-toi, et il me crache à la gueule. Je vais tout naturellement pour lui en décoller une, mais ses potes me retiennent et il me colle un coup de pied direct dans le sein gauche. Mon sac tombe, je ne respire plus. Je ramasse mon sac qui traîne à ses pieds, je me redresse, et il trouve alors le moyen de me remettre deux coups de pied au même endroit, avec la même violence. Je suis projetée hors de la rame, le signal sonore retentit. Je ne respire toujours pas. Trois personnes s'arrêtent "On a tout vu on va témoigner". L'une d'entre elles me félicite même pour mon comportement courageux, parce que merde y'en a marre que ce genre de petits cons fasse la loi. Et le chef de station arrive et les pompiers et les flics et tout le toutim.

Moralité.
Il y avait au moins dix autres personnes dans la rame et personne n'a levé le petit doigt. La pute qui m'a félicitée pour mon comportement peut se torcher avec ses compliments et aller brûler en enfer. Quant au petit merdeux neuf trois jogging bleu ciel boutons d'acné et cheveux en pics, il a une vie minable, on est tous d'accord là dessus, comme tous les loulous de son espèce qui sortent en bande pour taper des gonzesses. Eh bien je n'ai qu'un souhait, c'est que lui et ses potes, mais surtout lui s'enfoncent dans le minable de leur vie. Je voudrais qu'il crève d'une overdose, à suffoquer lamentablement dans son vomi, ou bien poignardé par le caïd de son quartier pour une histoire glauque. En tous cas une mort minable mais qu'on sent passer. Je voudrais l'avoir là, sous la main, et lui exploser la tête, sa petite tête de petit merdeux contre l'angle de mon bureau. Je veux que son sang gicle. Je veux lui faire bouffer sa couille gauche et l'enculer à sec avec une batte cloutée. Et si avec ses cinquante kilos tout mouillé, il a le malheur de me croiser, et qu'il n'a pas sa bande de potes pour me retenir, je crois que je le tue. Non, je ne crois pas, j'en suis sûre.
Par Aude Sécheret - Publié dans : Asherette perso
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