Espace Temps

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Lost in Asherette

Mardi 3 mai 2005
L'autre jour je discutais avec un pote des raisons pour lesquelles c'est bien internet (je peux papoter avec ma soeur, avec ma cops Sara que je vois jamais, j'ai régulièrement des nouvelles de mon directeur de maîtrise adoré, bref que du bonheur!). Et lui m'expliquait que nan vraiment pour lui internet "c'est pas possible, sinon je foire mon DEA tu comprends???" Et je vois à son oeil hagard, au tremblement de ses membres et aux grosses gouttes de sueur qui perlent sur son front blême (à moi Verlaine!) que l'heure est grave. Mais je veux comprendre...

Le sachant joueur, j'essaye d'amener délicatement, pour ne pas traumatiser mon pauvre ami, le problème des jeux en ligne... "Non! C'est pas ça! Encore que... mais non, non... C'est bien pire... Tu sais quand tu es un mec, et que tu as toute cette... cette... profusion à portée de main, tu peux rien faire!" Quel est donc ce qui irrésistiblement attire les internautes masculins (sûre que certaines nanas ne s'en privent pas non plus d'ailleurs) pas forcément célibataires?

Le sexe! Dans le mille! Non c'était pas une blague salace. Sur Over-blog, on a une partie statistique où l'on peut connaître la provenance du trafic, et notamment les mots-clés qui ont été tapés sur Google et qui ont orienté la recherche vers nos blogs. Ben vous seriez surpris! Dans ma prose légère et délicate de pilier de bar, je fais régulièrement quelques petites incartades insultantes. Et les vraies bonnes insultes à la française ont souvent rapport avec le sexe: par exemple, "Eh Dugland! Et ton putain de clignotant de mes couilles, alors? Enculé de bordel de queue de bite en bois!". Bon je n'ai jamais écrit ça dans un article, mais mea culpa, j'ai osé dire que j'aimerais faire bouffer ses couilles à quelqu'un, eh bien encore aujourd'hui, des internautes sont dirigés vers mon texte à cause de cela, alors que la couille, voyez-vous, n'en était guère le sujet principal.

Et figurez-vous que pas plus tard qu'il y a un quart d'heure, j'ai consulté lesdites statistiques pour découvrir à mon grand étonnement que quelqu'un avait atterri sur mon blog en ayant tapé sur Google (allez savoir pourquoi) "je baise aude". Si si! je vous jure!!! Petite explication: dans mon texte sur le Fou Du Roi, je mentionne à un moment donné le mot "baise-main", et que le texte est signé Aude, bien entendu, mon prénom. Dans le même esprit, l'autre jour j'ai ouvert à titre exceptionnel et à but uniquement informatif ce cher Limewire (bon ok, ça sert à télécharger), et je suis allée faire un tour du côté de l'entrée des recherches. Quelle ne fut pas ma surprise de voir qu'aucune mais je dis bien aucune de requêtes n'était en rapport avec la musique! A moins bien sûr que de nouveaux artistes se prénommant Suck My Dick ou bien Grosse Chatte Mouillée aient sorti récemment des albums aux titres imagés tels qu'"éjaculation faciale" ou "je lui fourre ma grosse bite dans le cul".

Et je suis prête à parier que si cet article, celui-là même, Madame, Monsieur, que vous êtes en train de lire avec avidité, fait de l'audimat, c'est grâce à ces deux dernières lignes. Oh mince j'aurais dû mentionner le mot "photos"! Le mal est réparé. En tous cas bienvenue à vous tous qui cherchiez du cul et qui avez par erreur atterri sur mon blog, je suis bien contente de vous avoir fait cette mauvaise blague à vous, les cerveaux les plus manipulables du marché. Vous venez d'entrer dans le Monde d'Asherette, un blog dont vous n'avez strictement rien n'à secouer (c'est le cas de le dire), mais qui a le privilège, pour le moment s'entend, de vous laisser sur la béquille! Et ça me fait bien marrer!
Par Aude Sécheret - Publié dans : Asherette publique
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Jeudi 21 avril 2005
Famille heureuse, quand on est frères et soeurs!

En ce moment je la passe à chaque fois que je bosse au pub, cette chanson; même deux ou trois fois de suite, parfois. Tu vois elle est chouette. Elle gueule contre rien, elle est pas plaintive, (comme ma soeur) c'est pas une chanson intello ou prise de tête, c'est juste une chanson qui célèbre quelque chose de sympa.

La dernière fois que je me suis retrouvée seule avec mes deux frères et ma soeur, sans nos conjoints respectifs, c'était pour l'enterrement de quelqu'un d'extraordinaire, qu'on adorait tous. Donc c'était pas la fête. Et pourtant, ce moment de retrouvailles, ben c'est un des plus beaux souvenirs récents que j'aie. On était assises à l'arrière de la bagnole avec ma soeur, à bouffer des m&m's, à filer à Laurent que des m&m's marrons et à Nico que des m&m's cassés. Et quand y avait plus de cassés, on les cassait nous mêmes avec les dents. On a bien rigolé. Et puis on écoutait notre musique à nous qu'on aime tous les quatre.

Ma soeur est la personne avec laquelle je passe le plus de temps sur msn. Peut-être même au téléphone. Pour des conneries la plupart du temps. On est juste bien à papoter. Aujourd'hui je lui ai demandé si elle n'avait pas par le plus pur des hasards une idée d'article pour mon blog.
"- L'Europe? La Constitution?
- Pas les connaissances nécessaires
- Les nouvelles chaînes télé?
- Les quoi? (je suis pas au courant, j'ai pas la télé)
- Benoit XVI?
- Pourquoi pas Raymond 53?
- Les journalistes prisonniers?
- Mouaif... un peu facile
- Pfff... La pollution? Le réchauffement de la planète?
- Bof...
- Ouais bof, t'as raison... Les salauds qui rappellent pas leur copine?"
Eclats de rire, et là j'ai trouvé. Un texte sur ma soeur, parce qu'elle le mérite quand même pas mal, et en passant, un peu sur mes frères aussi. (Et on garde l'idée de la musique intello pour quand j'aurai envie de m'éclater sur un punching ball). D'ailleurs, je sais pas pourquoi j'y ai pas pensé plus tôt! Elle m'a offert une filleule; le minimum, c'est quand même de lui offrir un texte, non? Bon elle est allée s'exiler en Bretagne avec un supporter de l'OM, mais je vais pas lui en tenir rigueur... Bon elle lit Harry Potter dans le texte, mais il faut de tout pour faire un monde! Bon elle est beaucoup plus belle que moi, mais je lui en veux pas trop: mes nichons sont plus gros que les siens (c'est dire si les siens... bref!). Bon elle a un bébé génial, et là je suis folle de jalousie. Non pas que mes bébés à moi ne soient pas géniaux, c'est juste qu'il n'existent pas encore. Mais j'arrive même pas à la détester pour ça!

Théoriquement, ses frères et soeurs, on ne les choisit pas. Comme l'a dit si joliment Laurent au mariage de Nicolas, "un frère joue un rôle qu'il n'a pas choisi de jouer et auquel il est condamné, et pour moi, la pénitence est infiniment douce". On est quatre, il en manque un mais quatre c'est déjà beaucoup, ça pourrait être difficile, pourtant je dois admettre que nous quatre, ça fonctionne. On s'aime un peu au-delà du reste, enfin je crois. On est contents de se retrouver, mais on n'a même pas besoin de se voir pour savoir qu'on est là. C'est une certitude rassurante, immuable et éternelle. Et vraiment j'aimerais en dire plus, mais ça serait trop long et je veux pas tomber dans la déclaration d'amour! (Trop tard?) C'est de toute façon un texte qui ne va pas t'intéresser, qui n'est même pas méchant, même pas marrant, t'auras même pas envie de me laisser un commentaire... Ben comme d'habitude, si t'es pas content, "la maison vous recommande easyjet, aller simple pour la Grèce, pour aller refaire une beauté à votre popotin". Pendant ce temps-là, laisse-moi, pour une fois au moins, dire du bien de quelque chose. Tant pis si ça fait tache dans le décor, t'inquiète pas, va! Je trouverai bien quelqu'un à insulter dans mon prochain texte. Aujourd'hui je fais une pause Kit-Cath.
Par Asherette - Publié dans : Asherette perso
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Lundi 18 avril 2005
Bon alors c'est un coup à me faire incendier dans les commentaires, c'est un coup à me mettre mes très nombreux visiteurs à dos, c'est presque même un coup à ce qu'un gros balaise vienne me faire sauter mon blog. Tant pis.

Tout d'abord, venez pas me dire que oui mais moi aussi je suis une internaute. Parce que c'est vrai, que je le sais, et que je ne prétends pas être au-dessus du reste; Disons que c'est ciblé, que je ne m'attaque pas à tous les internautes. Mais j'ose espérer que les concernés se reconnaîtront, et me laisseront des commentaires très désagréables, comme ça ça fera comme dans Seven, j'aurai gagné!

C'est en me baladant sur mon pauvre blog (que je n'ai même plus le temps d'aroser) et en relisant vos commentaires que j'ai eu envie de pousser un petit coup de gueule. Parce que voilà, à part quelques exceptions, vous n'êtes pas là pour donner votre avis sur les articles que vous lisez, vous êtes là pour donner votre avis tous court. Vous utilisez l'espace des commentaires pour vous faire plaisir, pour flamber un peu, et le pire c'est que ça marche! Parce que vous êtes tout aussi capables de réagir aux commentaires plutôt qu'à l'article en lui même, c'est donc bien que certains commentaires sont là pour parasiter. Regardez le texte sur le fou du roi! Sur la quinzaine de commentaires que vous avez laissés, douze concernent Vincent Delerm (qui, je le maintiens, est un petit intello de merde) alors qu'il n'est qu'une goutte d'eau dans l'article, un simple exemple!

Si jaccepte que vous puissiez laisser des commentaires sur mon blog (parce que figurez-vous que si je veux, ils jartent tous) c'est pour plusieurs raisons. L'avis des autres m'intéresse, qu'il soit bon ou mauvais, même si, soyons honnêtes, les critiques incendiaires me foutent la gerbe (j'y reviendrai). Et puis j'ai pas pour habitude de baillonner mes interlocuteurs... Enfin, l'espace commentaires est un bon baromètre. S'il devient un champ de bataille au bout de trois commentaires postés, c'est bon signe, c'est que quelque part, je vous emmerde, et figurez-vous que c'est le but. Parce que si vous pensez que je fais ce blog pour tout l'amour du monde, vous vous plantez, et franchement, vous êtes pas malins. Vous pensez sincèrement pas qu'un blog dont l'insulte est le minimum vital d'un article est là pour que je me fasse des potes!

Donc vous allez trouver ce que je dis complètement paradoxal: d'un côté, j'ai la fâcheuse tendance de répondre aux commentaires incendiaires (quand mon armée d'habitués ne le fait pas pour moi) et pourtant à côté de ça, j'ai un désintéret sans borne pour vous. C'est vrai c'est paradoxal mais je m'en fous. Et je vous emmerde (ça fait deux fois). Et très sincèrement, je suis triste pour vous. Vous me faites pitié, vous qui passez une partie de votre temps sur internet, qui vous emmerdez suffisamment pour ça dans la vie. Vous qui laissez des commentaires critiques quand vous n'êtes pas d'accord, et qui manifestement pensez que vous allez changer la face du monde! Parce que figurez-vous que plus vous m'engueulerez, plus vous m'insulterez, plus j'aurai envie que vous me detestiez et moins j'aurai envie de changer d'avis! Et puis merde! Si tu te plais pas quelque part, rien ne te force à y rester! Tu la fermes et tu te casses. Mais tu viens pas faire chier le monde avec tes commentaires à deux balles. Tu dois être vachement frustré, ou bien tu dois vachement manquer de confiance en toi dans la vraie vie, pour te sentir le besoin d'aller incendier d'autres internautes, bien planqué derrière ton écran d'ordi! C'est quoi ton problème? T'as pas d'amis? T'es pas belle? Pas beau? Tu viens de te faire larguer? Ton papa te déteste? Ben va voir un psy, mais viens pas m'emmerder. Je fais déjà suffisamment dans le social avec mon taf. Pas besoin des gros relous comme toi.

Parce que oui tu es relou. Tu es définitivement là pour prouver que tu existes, et c'est tout. Mais dis-toi bien que pour moi et pour tout ceux qui te lisent, tu n'es rien d'autre que quelques petits mots débiles mis bout-à-bout sur un écran dans un espace où tu n'es même pas chez toi, et que si je voulais, ces mots, je les ferai sauter d'un clic de souris. Mais je suis ympa. Je te laisse exister un peu.
Par Asherette - Publié dans : Asherette publique
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Mercredi 23 février 2005
(Petite note aux très nombreux lecteurs assidus: Je suis sincèrement désolée de mon silence radio de ce dernier mois. Mais il se trouve que j'ai une vie trop bien remplie à côté du blog: je bosse dans un pub la nuit, et accessoirement j'ai un mémoire et des devoirs à rédiger et à rendre... Et bien entendu une vie sociale à entretenir, c'est chouette aussi de voir ses amis de temps en temps. Avec tout ça, ma filleule http://choupoune.over-blog.com grandit à toute allure sans que j'aie le temps de la voir faire, mais j'imagine que vous vous en foutez! Bon ok, ok, on va cracher notre venin sur France Inter, ce sera bref mais intense, c'est parti!)

Ok, on rigole bien avec les chroniques de Carlier... Mais ce monsieur a atteri chez Fogiel dont l'agressivité notoire enlève toute portée à ses pauvres arguments (j'ai dèjà envie de digresser un peu... penser à faire un article sur Fogiel...). Et chez la hyène cathodique, on a vu notre ami Carlier chercher désespérément des couilles sous le jupe de Bernadette pour pouvoir les lui lécher goulûment. Manque de bol, elle n'en a pas, alors il s'est contenté de conclure son hymne à Initials B.C. par une génuflexion limite face contre terre et un beau serment d'allégeance à sa suzeraine. (On se lève tous pour Naaaaaadette!). Ainsi, le seul qui peut-être relevait le niveau critique de Fou du Roi perd toute crédibilité. Maintenant le reste...

D'abord celui que nous pouvons appeler le "méchant", parce qu'il se veut méchant. D'une méchanceté pure et dure, Stéphane Guillon est là pour choquer, il est pince sans rire, il fait de l'humour noir... Mais il a dû se faire taper sur les doigts parce qu'il apparait de moins en moins méchant et parce que sa méchanceté est devenue plutôt bête que pertinente, voire plutôt facile (Gérard Louvin, pardonnez-moi, mais c'était presque trop gentil), et parfois, on est à la limite du vulgaire, mais après tout, ça fait bien rigoler Stéphane, qui s'insurge entre deux éclats de rire avec son royal accent du mec qui boit son thé avec le petit doigt en l'air et qui a pris des cours de baise-main à la française...

Après, nous avons la harpie de service, qui voudra sans doute être rangée dans la catégorie humour. Elle essaye d'être drôle, elle rame, elle rame! Comme ce qu'elle dit n'est pas drôle, elle essaye aussi de jouer un peu un personnage, en lisant son texte, de mettre le ton. Mais c'est encore moins drôle, parce qu'elle le joue mal. Paraît qu'elle fait aussi du théâtre... là pour le coup ça me fait bien marrer: cette femme est une blague à elle toute seule. Parfois, j'éprouve pour elle une certaine pitié tant elle essaye et tant ses efforts amènent une succession impressionnante d'échecs. Cette impuissance à faire rire qui que ce soit est peut-être la cause de ses accents hystériques systématiques, consternants et auditivement insupportables...

Ensuite, parmi ces intellectuels qui nous font atteindre les plus hautes sphères de la pensée, nous avons un nobody qui nous fait la "chronique tendance", véritable ode à la consommation dans une émission ou l'on méprise Combien Ca Coûte... C'est l'hopital qui se fout de la charité. Ca me rappelle un Fou du Roi relativement récent, où l'invité était un quelconque facho (ou pseudo-facho, en tous les cas il était, là, taxé de fascisme). Ce monsieur disait aimer Saint Tropez parce que les hommes de tous les milieux sont contents, en gros les Carliers sont heureux dans leurs Yachts, et la France d'en bas est contente de pouvoir admirer les Yachts, parce que c'est beau... Notre Stéphane s'insurge, et balance (je vous fais un prix de gros): "humiliant, dégradant bla bla bla"... Il n'a pas tort, mais encore une fois, ça me rappelle vaguement une émission du nom de Sagas, sur TF1, qui ne passait que pendant les grandes vacances (quand les français tuent l'ennui par la consommation de masse), et dans laquelle Steph agitait des milliards de dollars (le Yacht étant le minimum vital d'une émission) sous le nez de la pauvre famille moyenne qui rêve de gagner au loto.

Mais je soupçonne le Fou du Roi d'éprouver pour les pauvres gens un mépris sans borne. Quand Carlier décide de taper sur la gueule du Maillon Faible, il ne mentionne pas Boccolini (peut-être une forme de solidarité entre les plus de 200kg qui sont obèses non pas à cause de la malbouffe mais à cause de l'opulence?) mais se contente de se foutre du pauvre mec qui n'a pas eu accès au même niveau d'éducation que lui. D'ailleurs, finalement, le Fou du Roi, et France Inter tout entier est le lieu de culte de la Kultur. Avec en tête de liste l'insupportable Pascale Clark, France Inter décide de ce qu'il faut aimer et de ce qu'il na faut pas aimer. Et c'est au niveau de la musique que c'est le plus agaçant. Il faut aimer le jazz (prononcer djâââââââz). Il faut aimer Carla Bruni. Il faut adorer Vincent Delerm, aussi, le petit intellectuel de merde qui se targue de ne pas avoir aimé Lost In Translation alors que "tout le monde a aimé", "vous voyez, petits auditeurs de France inter, moi Vincent Delerm, je ne pense pas comme tout le monde, j'ai mon propre esprit critique, je ne rentre pas dans la masse, je suis même un peu au-dessus des intellos de base que vous êtes". Ceci étant dit, la voix de Delerm est, à mes oreilles inécoutable, et la platitude de ses paroles frise l'insolence. Alors, quand j'entends Carlier aduler Delerm en Son Auguste Présence et par-là même descendre Bénabar en flèche (parce que tout ce qui est populaire est forcément mauvais), j'étains la radio et je me rendors.
Par Aude Sécheret - Publié dans : Asherette publique
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Samedi 8 janvier 2005

Oui bien sûr, David Bowie est un homme d'affaires qui s'accomode brillamment (honteux euphémisme) du système capitaliste. Oui bien sûr il est (aussi) là pour le fric, il pense aux études de sa fille, au niveau de vie qu'il veut continuer à tenir, à sa retraite pépère, peut-être. Oui encore il se nourrit de célébrité, de succès, de glam. Si l'on arrête la description ici, on n'imagine rien de moins qu'un vampire des temps modernes.

A la fois est-ce qu'un vieux vampire, beau, égoïste, narcissique et vénal serait encore médiatiquement et musicalement vivant s'il nous vendait de la soupe? Parce qu'il n'y a pas que les bébés du baby-boom qui écoutent sa musique! J'étais étonnée, aux deux derniers concerts que je suis allée voir, par le nombre de jeunes gens qui peuplait la salle. Donc il ne "tient" pas juste avec les fans de ses débuts, juste avec les nostalgiques.

Il continue de mettre les gens d'accord sur au moins un point, Lui-même (désolée pour la majuscule, qui va en faire hurler certains, ça me fait marrer de me faire passer pour une groupie!). Il continue d'incarner une certaine image du rock. Il continue, il continue, il continue... il continue d'avoir du talent peut-être aussi, non? Je ne tiens pas ici à revenir sur les miracles de ses débuts, j'en aurais vraiment trop à dire pour tout caser ici. Regardons juste les dix dernières années, Outside inclus. Sur cette dernière décennie, il nous a fait tout de même quelques petites perles. D'accord, ce n'est pas le même son, ni somme toute le même génie que dans les années soixante-dix. En fait ça ne le sera jamais. Et qu'on ne vienne pas me dire que Hours (le moins bon à mon sens parmi les cinq derniers) est le nouvel Hunky Dory (sic!) parce que ça peut me rendre très violente... vous allez pleurer, me provoquez pas! C'est vrai que Bowie était beaucoup plus créatif à l'époque où son nez était blanchi à la coke, mais il est quand-même créatif, et de toute façon excellent vu la bouillie que les média nous servent aujourd'hui (dites-vous bien que certains nostalgiques de Deep Purple se rabattent aujourd'hui sur du Evanescence, par exemple!!!). Et son talent ne se vérifie pas seulement dans ses albums récents. Il se vérifie et se confirme dans son jeu de scène. Parce que oui, il y a un jeu de scène. Bowie est une bête de scène, et c'est toujours d'actualité je vous jure, je l'ai vu! Il vit ses chansons, il est comédien, chanteur, mime (caricature de lui même) et il prend toujours le risque de ne pas jouer la version album, petits changements de rythme, demi-tons, embardées inattendues dans les aigus ou dans les graves, légères modifications des paroles, mais en disant la même chose que dans le texte d'origine, et puis participation du public, qui connaît par coeur Life On Mars?, bien sûr!

Maintenant, quelle image du rock Bowie incarne-t-il? (Cela revient peut-être quelque part à poser la question que Rock'n'Folk se pose depuis (pfiouuu) chaque année. La question existentielle du rockeur! Qu'est-ce qu'être rock en... tiens, 2005! Ca a changé! Bref!) Parce que le Rock, c'était la jeunesse, la rébellion constante contre le diktat des vieux. Donc oui la question se pose! Mais la réponse s'impose! (clap clap clap je me suis fait plaisir avec celle là!) Il incarne un peu tout à la fois: le souvenir de cette jeunesse créative, mais l'actualité de la création, la nécessité de la rébellion. Après avoir fait un pied de nez aux vieux dans les années soixante-dix, il fait un nouveau pied-de-nez à ceux qui prétendent faire de la musique (nu metal en premier lieu, qui est du même ordre que les merdes commerciales à la Britney), et finalement au monde de la musique tout entier : j'ai soixante balais et vous m'arrivez pas à la cheville, et si vous aviez vécu à mon époque, à la belle époque du Rock, on ne vous aurait même pas remarqué! Tous autant que vous êtes, les "grands d'aujourd'hui", les Radiohead, les Muse, les Placebo!!! Tous des nobodys!

Mais Bowie ne le dit pas, ne le pense même pas. Il a la décence de se taire. Mieux, il accepte l'actualité: le live avec les Foo-Fighters sur Hallo Spaceboy, le duo avec Placebo, la reprise de Cactus des Pixies... Il n'est pas dans sa tour de verre à regarder le monde de haut. Il est dans son studio d'enregistrement, toujours aussi perfectionniste. Il bosse, quoi... et puis il est sur scène. Sur scène. Et il chante, il danse, il se donne à fond, il fait un show. Un show de sons (balance excellente) et lumières (je pense à l'écran géant du Reality Tour)... Son et lumière... Don't you wonder sometimes 'bout Sound and Vision?
Par Aude Sécheret - Publié dans : Asherette musique
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