Bon alors c'est un coup à me faire incendier dans les commentaires, c'est un coup à me mettre mes très nombreux visiteurs à dos, c'est presque même un coup à ce qu'un gros balaise vienne me faire sauter mon blog. Tant pis.
Tout d'abord, venez pas me dire que oui mais moi aussi je suis une internaute. Parce que c'est vrai, que je le sais, et que je ne prétends pas être au-dessus du reste; Disons que c'est ciblé, que je ne m'attaque pas à tous les internautes. Mais j'ose espérer que les concernés se reconnaîtront, et me laisseront des commentaires très désagréables, comme ça ça fera comme dans Seven, j'aurai gagné!
C'est en me baladant sur mon pauvre blog (que je n'ai même plus le temps d'aroser) et en relisant vos commentaires que j'ai eu envie de pousser un petit coup de gueule. Parce que voilà, à part quelques exceptions, vous n'êtes pas là pour donner votre avis sur les articles que vous lisez, vous êtes là pour donner votre avis tous court. Vous utilisez l'espace des commentaires pour vous faire plaisir, pour flamber un peu, et le pire c'est que ça marche! Parce que vous êtes tout aussi capables de réagir aux commentaires plutôt qu'à l'article en lui même, c'est donc bien que certains commentaires sont là pour parasiter. Regardez le texte sur le fou du roi! Sur la quinzaine de commentaires que vous avez laissés, douze concernent Vincent Delerm (qui, je le maintiens, est un petit intello de merde) alors qu'il n'est qu'une goutte d'eau dans l'article, un simple exemple!
Si jaccepte que vous puissiez laisser des commentaires sur mon blog (parce que figurez-vous que si je veux, ils jartent tous) c'est pour plusieurs raisons. L'avis des autres m'intéresse, qu'il soit bon ou mauvais, même si, soyons honnêtes, les critiques incendiaires me foutent la gerbe (j'y reviendrai). Et puis j'ai pas pour habitude de baillonner mes interlocuteurs... Enfin, l'espace commentaires est un bon baromètre. S'il devient un champ de bataille au bout de trois commentaires postés, c'est bon signe, c'est que quelque part, je vous emmerde, et figurez-vous que c'est le but. Parce que si vous pensez que je fais ce blog pour tout l'amour du monde, vous vous plantez, et franchement, vous êtes pas malins. Vous pensez sincèrement pas qu'un blog dont l'insulte est le minimum vital d'un article est là pour que je me fasse des potes!
Donc vous allez trouver ce que je dis complètement paradoxal: d'un côté, j'ai la fâcheuse tendance de répondre aux commentaires incendiaires (quand mon armée d'habitués ne le fait pas pour moi) et pourtant à côté de ça, j'ai un désintéret sans borne pour vous. C'est vrai c'est paradoxal mais je m'en fous. Et je vous emmerde (ça fait deux fois). Et très sincèrement, je suis triste pour vous. Vous me faites pitié, vous qui passez une partie de votre temps sur internet, qui vous emmerdez suffisamment pour ça dans la vie. Vous qui laissez des commentaires critiques quand vous n'êtes pas d'accord, et qui manifestement pensez que vous allez changer la face du monde! Parce que figurez-vous que plus vous m'engueulerez, plus vous m'insulterez, plus j'aurai envie que vous me detestiez et moins j'aurai envie de changer d'avis! Et puis merde! Si tu te plais pas quelque part, rien ne te force à y rester! Tu la fermes et tu te casses. Mais tu viens pas faire chier le monde avec tes commentaires à deux balles. Tu dois être vachement frustré, ou bien tu dois vachement manquer de confiance en toi dans la vraie vie, pour te sentir le besoin d'aller incendier d'autres internautes, bien planqué derrière ton écran d'ordi! C'est quoi ton problème? T'as pas d'amis? T'es pas belle? Pas beau? Tu viens de te faire larguer? Ton papa te déteste? Ben va voir un psy, mais viens pas m'emmerder. Je fais déjà suffisamment dans le social avec mon taf. Pas besoin des gros relous comme toi.
Parce que oui tu es relou. Tu es définitivement là pour prouver que tu existes, et c'est tout. Mais dis-toi bien que pour moi et pour tout ceux qui te lisent, tu n'es rien d'autre que quelques petits mots débiles mis bout-à-bout sur un écran dans un espace où tu n'es même pas chez toi, et que si je voulais, ces mots, je les ferai sauter d'un clic de souris. Mais je suis ympa. Je te laisse exister un peu.
Tout d'abord, venez pas me dire que oui mais moi aussi je suis une internaute. Parce que c'est vrai, que je le sais, et que je ne prétends pas être au-dessus du reste; Disons que c'est ciblé, que je ne m'attaque pas à tous les internautes. Mais j'ose espérer que les concernés se reconnaîtront, et me laisseront des commentaires très désagréables, comme ça ça fera comme dans Seven, j'aurai gagné!
C'est en me baladant sur mon pauvre blog (que je n'ai même plus le temps d'aroser) et en relisant vos commentaires que j'ai eu envie de pousser un petit coup de gueule. Parce que voilà, à part quelques exceptions, vous n'êtes pas là pour donner votre avis sur les articles que vous lisez, vous êtes là pour donner votre avis tous court. Vous utilisez l'espace des commentaires pour vous faire plaisir, pour flamber un peu, et le pire c'est que ça marche! Parce que vous êtes tout aussi capables de réagir aux commentaires plutôt qu'à l'article en lui même, c'est donc bien que certains commentaires sont là pour parasiter. Regardez le texte sur le fou du roi! Sur la quinzaine de commentaires que vous avez laissés, douze concernent Vincent Delerm (qui, je le maintiens, est un petit intello de merde) alors qu'il n'est qu'une goutte d'eau dans l'article, un simple exemple!
Si jaccepte que vous puissiez laisser des commentaires sur mon blog (parce que figurez-vous que si je veux, ils jartent tous) c'est pour plusieurs raisons. L'avis des autres m'intéresse, qu'il soit bon ou mauvais, même si, soyons honnêtes, les critiques incendiaires me foutent la gerbe (j'y reviendrai). Et puis j'ai pas pour habitude de baillonner mes interlocuteurs... Enfin, l'espace commentaires est un bon baromètre. S'il devient un champ de bataille au bout de trois commentaires postés, c'est bon signe, c'est que quelque part, je vous emmerde, et figurez-vous que c'est le but. Parce que si vous pensez que je fais ce blog pour tout l'amour du monde, vous vous plantez, et franchement, vous êtes pas malins. Vous pensez sincèrement pas qu'un blog dont l'insulte est le minimum vital d'un article est là pour que je me fasse des potes!
Donc vous allez trouver ce que je dis complètement paradoxal: d'un côté, j'ai la fâcheuse tendance de répondre aux commentaires incendiaires (quand mon armée d'habitués ne le fait pas pour moi) et pourtant à côté de ça, j'ai un désintéret sans borne pour vous. C'est vrai c'est paradoxal mais je m'en fous. Et je vous emmerde (ça fait deux fois). Et très sincèrement, je suis triste pour vous. Vous me faites pitié, vous qui passez une partie de votre temps sur internet, qui vous emmerdez suffisamment pour ça dans la vie. Vous qui laissez des commentaires critiques quand vous n'êtes pas d'accord, et qui manifestement pensez que vous allez changer la face du monde! Parce que figurez-vous que plus vous m'engueulerez, plus vous m'insulterez, plus j'aurai envie que vous me detestiez et moins j'aurai envie de changer d'avis! Et puis merde! Si tu te plais pas quelque part, rien ne te force à y rester! Tu la fermes et tu te casses. Mais tu viens pas faire chier le monde avec tes commentaires à deux balles. Tu dois être vachement frustré, ou bien tu dois vachement manquer de confiance en toi dans la vraie vie, pour te sentir le besoin d'aller incendier d'autres internautes, bien planqué derrière ton écran d'ordi! C'est quoi ton problème? T'as pas d'amis? T'es pas belle? Pas beau? Tu viens de te faire larguer? Ton papa te déteste? Ben va voir un psy, mais viens pas m'emmerder. Je fais déjà suffisamment dans le social avec mon taf. Pas besoin des gros relous comme toi.
Parce que oui tu es relou. Tu es définitivement là pour prouver que tu existes, et c'est tout. Mais dis-toi bien que pour moi et pour tout ceux qui te lisent, tu n'es rien d'autre que quelques petits mots débiles mis bout-à-bout sur un écran dans un espace où tu n'es même pas chez toi, et que si je voulais, ces mots, je les ferai sauter d'un clic de souris. Mais je suis ympa. Je te laisse exister un peu.
par Asherette
publié dans :
Asherette publique
(Petite note aux très nombreux lecteurs assidus: Je suis sincèrement désolée de mon silence radio de ce dernier mois. Mais il se trouve que j'ai une vie trop bien remplie à côté du blog: je bosse dans un pub la nuit, et accessoirement j'ai un mémoire et des devoirs à rédiger et à rendre... Et bien entendu une vie sociale à entretenir, c'est chouette aussi de voir ses amis de temps en temps. Avec tout ça, ma filleule http://choupoune.over-blog.com grandit à toute allure sans que j'aie le temps de la voir faire, mais j'imagine que vous vous en foutez! Bon ok, ok, on va cracher notre venin sur France Inter, ce sera bref mais intense, c'est parti!)
Ok, on rigole bien avec les chroniques de Carlier... Mais ce monsieur a atteri chez Fogiel dont l'agressivité notoire enlève toute portée à ses pauvres arguments (j'ai dèjà envie de digresser un peu... penser à faire un article sur Fogiel...). Et chez la hyène cathodique, on a vu notre ami Carlier chercher désespérément des couilles sous le jupe de Bernadette pour pouvoir les lui lécher goulûment. Manque de bol, elle n'en a pas, alors il s'est contenté de conclure son hymne à Initials B.C. par une génuflexion limite face contre terre et un beau serment d'allégeance à sa suzeraine. (On se lève tous pour Naaaaaadette!). Ainsi, le seul qui peut-être relevait le niveau critique de Fou du Roi perd toute crédibilité. Maintenant le reste...
D'abord celui que nous pouvons appeler le "méchant", parce qu'il se veut méchant. D'une méchanceté pure et dure, Stéphane Guillon est là pour choquer, il est pince sans rire, il fait de l'humour noir... Mais il a dû se faire taper sur les doigts parce qu'il apparait de moins en moins méchant et parce que sa méchanceté est devenue plutôt bête que pertinente, voire plutôt facile (Gérard Louvin, pardonnez-moi, mais c'était presque trop gentil), et parfois, on est à la limite du vulgaire, mais après tout, ça fait bien rigoler Stéphane, qui s'insurge entre deux éclats de rire avec son royal accent du mec qui boit son thé avec le petit doigt en l'air et qui a pris des cours de baise-main à la française...
Après, nous avons la harpie de service, qui voudra sans doute être rangée dans la catégorie humour. Elle essaye d'être drôle, elle rame, elle rame! Comme ce qu'elle dit n'est pas drôle, elle essaye aussi de jouer un peu un personnage, en lisant son texte, de mettre le ton. Mais c'est encore moins drôle, parce qu'elle le joue mal. Paraît qu'elle fait aussi du théâtre... là pour le coup ça me fait bien marrer: cette femme est une blague à elle toute seule. Parfois, j'éprouve pour elle une certaine pitié tant elle essaye et tant ses efforts amènent une succession impressionnante d'échecs. Cette impuissance à faire rire qui que ce soit est peut-être la cause de ses accents hystériques systématiques, consternants et auditivement insupportables...
Ensuite, parmi ces intellectuels qui nous font atteindre les plus hautes sphères de la pensée, nous avons un nobody qui nous fait la "chronique tendance", véritable ode à la consommation dans une émission ou l'on méprise Combien Ca Coûte... C'est l'hopital qui se fout de la charité. Ca me rappelle un Fou du Roi relativement récent, où l'invité était un quelconque facho (ou pseudo-facho, en tous les cas il était, là, taxé de fascisme). Ce monsieur disait aimer Saint Tropez parce que les hommes de tous les milieux sont contents, en gros les Carliers sont heureux dans leurs Yachts, et la France d'en bas est contente de pouvoir admirer les Yachts, parce que c'est beau... Notre Stéphane s'insurge, et balance (je vous fais un prix de gros): "humiliant, dégradant bla bla bla"... Il n'a pas tort, mais encore une fois, ça me rappelle vaguement une émission du nom de Sagas, sur TF1, qui ne passait que pendant les grandes vacances (quand les français tuent l'ennui par la consommation de masse), et dans laquelle Steph agitait des milliards de dollars (le Yacht étant le minimum vital d'une émission) sous le nez de la pauvre famille moyenne qui rêve de gagner au loto.
Mais je soupçonne le Fou du Roi d'éprouver pour les pauvres gens un mépris sans borne. Quand Carlier décide de taper sur la gueule du Maillon Faible, il ne mentionne pas Boccolini (peut-être une forme de solidarité entre les plus de 200kg qui sont obèses non pas à cause de la malbouffe mais à cause de l'opulence?) mais se contente de se foutre du pauvre mec qui n'a pas eu accès au même niveau d'éducation que lui. D'ailleurs, finalement, le Fou du Roi, et France Inter tout entier est le lieu de culte de la Kultur. Avec en tête de liste l'insupportable Pascale Clark, France Inter décide de ce qu'il faut aimer et de ce qu'il na faut pas aimer. Et c'est au niveau de la musique que c'est le plus agaçant. Il faut aimer le jazz (prononcer djâââââââz). Il faut aimer Carla Bruni. Il faut adorer Vincent Delerm, aussi, le petit intellectuel de merde qui se targue de ne pas avoir aimé Lost In Translation alors que "tout le monde a aimé", "vous voyez, petits auditeurs de France inter, moi Vincent Delerm, je ne pense pas comme tout le monde, j'ai mon propre esprit critique, je ne rentre pas dans la masse, je suis même un peu au-dessus des intellos de base que vous êtes". Ceci étant dit, la voix de Delerm est, à mes oreilles inécoutable, et la platitude de ses paroles frise l'insolence. Alors, quand j'entends Carlier aduler Delerm en Son Auguste Présence et par-là même descendre Bénabar en flèche (parce que tout ce qui est populaire est forcément mauvais), j'étains la radio et je me rendors.
Ok, on rigole bien avec les chroniques de Carlier... Mais ce monsieur a atteri chez Fogiel dont l'agressivité notoire enlève toute portée à ses pauvres arguments (j'ai dèjà envie de digresser un peu... penser à faire un article sur Fogiel...). Et chez la hyène cathodique, on a vu notre ami Carlier chercher désespérément des couilles sous le jupe de Bernadette pour pouvoir les lui lécher goulûment. Manque de bol, elle n'en a pas, alors il s'est contenté de conclure son hymne à Initials B.C. par une génuflexion limite face contre terre et un beau serment d'allégeance à sa suzeraine. (On se lève tous pour Naaaaaadette!). Ainsi, le seul qui peut-être relevait le niveau critique de Fou du Roi perd toute crédibilité. Maintenant le reste...
D'abord celui que nous pouvons appeler le "méchant", parce qu'il se veut méchant. D'une méchanceté pure et dure, Stéphane Guillon est là pour choquer, il est pince sans rire, il fait de l'humour noir... Mais il a dû se faire taper sur les doigts parce qu'il apparait de moins en moins méchant et parce que sa méchanceté est devenue plutôt bête que pertinente, voire plutôt facile (Gérard Louvin, pardonnez-moi, mais c'était presque trop gentil), et parfois, on est à la limite du vulgaire, mais après tout, ça fait bien rigoler Stéphane, qui s'insurge entre deux éclats de rire avec son royal accent du mec qui boit son thé avec le petit doigt en l'air et qui a pris des cours de baise-main à la française...
Après, nous avons la harpie de service, qui voudra sans doute être rangée dans la catégorie humour. Elle essaye d'être drôle, elle rame, elle rame! Comme ce qu'elle dit n'est pas drôle, elle essaye aussi de jouer un peu un personnage, en lisant son texte, de mettre le ton. Mais c'est encore moins drôle, parce qu'elle le joue mal. Paraît qu'elle fait aussi du théâtre... là pour le coup ça me fait bien marrer: cette femme est une blague à elle toute seule. Parfois, j'éprouve pour elle une certaine pitié tant elle essaye et tant ses efforts amènent une succession impressionnante d'échecs. Cette impuissance à faire rire qui que ce soit est peut-être la cause de ses accents hystériques systématiques, consternants et auditivement insupportables...
Ensuite, parmi ces intellectuels qui nous font atteindre les plus hautes sphères de la pensée, nous avons un nobody qui nous fait la "chronique tendance", véritable ode à la consommation dans une émission ou l'on méprise Combien Ca Coûte... C'est l'hopital qui se fout de la charité. Ca me rappelle un Fou du Roi relativement récent, où l'invité était un quelconque facho (ou pseudo-facho, en tous les cas il était, là, taxé de fascisme). Ce monsieur disait aimer Saint Tropez parce que les hommes de tous les milieux sont contents, en gros les Carliers sont heureux dans leurs Yachts, et la France d'en bas est contente de pouvoir admirer les Yachts, parce que c'est beau... Notre Stéphane s'insurge, et balance (je vous fais un prix de gros): "humiliant, dégradant bla bla bla"... Il n'a pas tort, mais encore une fois, ça me rappelle vaguement une émission du nom de Sagas, sur TF1, qui ne passait que pendant les grandes vacances (quand les français tuent l'ennui par la consommation de masse), et dans laquelle Steph agitait des milliards de dollars (le Yacht étant le minimum vital d'une émission) sous le nez de la pauvre famille moyenne qui rêve de gagner au loto.
Mais je soupçonne le Fou du Roi d'éprouver pour les pauvres gens un mépris sans borne. Quand Carlier décide de taper sur la gueule du Maillon Faible, il ne mentionne pas Boccolini (peut-être une forme de solidarité entre les plus de 200kg qui sont obèses non pas à cause de la malbouffe mais à cause de l'opulence?) mais se contente de se foutre du pauvre mec qui n'a pas eu accès au même niveau d'éducation que lui. D'ailleurs, finalement, le Fou du Roi, et France Inter tout entier est le lieu de culte de la Kultur. Avec en tête de liste l'insupportable Pascale Clark, France Inter décide de ce qu'il faut aimer et de ce qu'il na faut pas aimer. Et c'est au niveau de la musique que c'est le plus agaçant. Il faut aimer le jazz (prononcer djâââââââz). Il faut aimer Carla Bruni. Il faut adorer Vincent Delerm, aussi, le petit intellectuel de merde qui se targue de ne pas avoir aimé Lost In Translation alors que "tout le monde a aimé", "vous voyez, petits auditeurs de France inter, moi Vincent Delerm, je ne pense pas comme tout le monde, j'ai mon propre esprit critique, je ne rentre pas dans la masse, je suis même un peu au-dessus des intellos de base que vous êtes". Ceci étant dit, la voix de Delerm est, à mes oreilles inécoutable, et la platitude de ses paroles frise l'insolence. Alors, quand j'entends Carlier aduler Delerm en Son Auguste Présence et par-là même descendre Bénabar en flèche (parce que tout ce qui est populaire est forcément mauvais), j'étains la radio et je me rendors.
par Aude Sécheret
publié dans :
Asherette publique
Oui bien sûr, David Bowie est un homme d'affaires qui s'accomode brillamment (honteux euphémisme) du système capitaliste. Oui bien sûr il est (aussi) là pour le fric, il pense aux études de sa fille, au niveau de vie qu'il veut continuer à tenir, à sa retraite pépère, peut-être. Oui encore il se nourrit de célébrité, de succès, de glam. Si l'on arrête la description ici, on n'imagine rien de moins qu'un vampire des temps modernes.
A la fois est-ce qu'un vieux vampire, beau, égoïste, narcissique et vénal serait encore médiatiquement et musicalement vivant s'il nous vendait de la soupe? Parce qu'il n'y a pas que les bébés du baby-boom qui écoutent sa musique! J'étais étonnée, aux deux derniers concerts que je suis allée voir, par le nombre de jeunes gens qui peuplait la salle. Donc il ne "tient" pas juste avec les fans de ses débuts, juste avec les nostalgiques.
Il continue de mettre les gens d'accord sur au moins un point, Lui-même (désolée pour la majuscule, qui va en faire hurler certains, ça me fait marrer de me faire passer pour une groupie!). Il continue d'incarner une certaine image du rock. Il continue, il continue, il continue... il continue d'avoir du talent peut-être aussi, non? Je ne tiens pas ici à revenir sur les miracles de ses débuts, j'en aurais vraiment trop à dire pour tout caser ici. Regardons juste les dix dernières années, Outside inclus. Sur cette dernière décennie, il nous a fait tout de même quelques petites perles. D'accord, ce n'est pas le même son, ni somme toute le même génie que dans les années soixante-dix. En fait ça ne le sera jamais. Et qu'on ne vienne pas me dire que Hours (le moins bon à mon sens parmi les cinq derniers) est le nouvel Hunky Dory (sic!) parce que ça peut me rendre très violente... vous allez pleurer, me provoquez pas! C'est vrai que Bowie était beaucoup plus créatif à l'époque où son nez était blanchi à la coke, mais il est quand-même créatif, et de toute façon excellent vu la bouillie que les média nous servent aujourd'hui (dites-vous bien que certains nostalgiques de Deep Purple se rabattent aujourd'hui sur du Evanescence, par exemple!!!). Et son talent ne se vérifie pas seulement dans ses albums récents. Il se vérifie et se confirme dans son jeu de scène. Parce que oui, il y a un jeu de scène. Bowie est une bête de scène, et c'est toujours d'actualité je vous jure, je l'ai vu! Il vit ses chansons, il est comédien, chanteur, mime (caricature de lui même) et il prend toujours le risque de ne pas jouer la version album, petits changements de rythme, demi-tons, embardées inattendues dans les aigus ou dans les graves, légères modifications des paroles, mais en disant la même chose que dans le texte d'origine, et puis participation du public, qui connaît par coeur Life On Mars?, bien sûr!
Maintenant, quelle image du rock Bowie incarne-t-il? (Cela revient peut-être quelque part à poser la question que Rock'n'Folk se pose depuis (pfiouuu) chaque année. La question existentielle du rockeur! Qu'est-ce qu'être rock en... tiens, 2005! Ca a changé! Bref!) Parce que le Rock, c'était la jeunesse, la rébellion constante contre le diktat des vieux. Donc oui la question se pose! Mais la réponse s'impose! (clap clap clap je me suis fait plaisir avec celle là!) Il incarne un peu tout à la fois: le souvenir de cette jeunesse créative, mais l'actualité de la création, la nécessité de la rébellion. Après avoir fait un pied de nez aux vieux dans les années soixante-dix, il fait un nouveau pied-de-nez à ceux qui prétendent faire de la musique (nu metal en premier lieu, qui est du même ordre que les merdes commerciales à la Britney), et finalement au monde de la musique tout entier : j'ai soixante balais et vous m'arrivez pas à la cheville, et si vous aviez vécu à mon époque, à la belle époque du Rock, on ne vous aurait même pas remarqué! Tous autant que vous êtes, les "grands d'aujourd'hui", les Radiohead, les Muse, les Placebo!!! Tous des nobodys!
Mais Bowie ne le dit pas, ne le pense même pas. Il a la décence de se taire. Mieux, il accepte l'actualité: le live avec les Foo-Fighters sur Hallo Spaceboy, le duo avec Placebo, la reprise de Cactus des Pixies... Il n'est pas dans sa tour de verre à regarder le monde de haut. Il est dans son studio d'enregistrement, toujours aussi perfectionniste. Il bosse, quoi... et puis il est sur scène. Sur scène. Et il chante, il danse, il se donne à fond, il fait un show. Un show de sons (balance excellente) et lumières (je pense à l'écran géant du Reality Tour)... Son et lumière... Don't you wonder sometimes 'bout Sound and Vision?
par Aude Sécheret
publié dans :
Asherette musique
Bon, apparemment en ce moment je suis sympa, je fais le tour des sujets dont on ne parle que trop peu, donc après le football, Noël! C'est pas mal, non, pour un 24 décembre à trois heures du mat! Elle va bientôt naître, notre star vaticane! Au moins on peut reconnaître à celle-là qu'elle aura duré plus longtemps que nos pauvres "stars" de la télé-réalité! Remarquez, ça nous aurait causé moins de problèmes, non, si sa notoriété avait été éphémère! La guerre d'Irlande en moins, et les croisades, qui apparemment sont encore au goût du jour. Merci à Father Deubeul You pour ses Tres Saintes Prières avant ses réunions et avec ses futurs "soldats morts en Irak"... Merci encore pour sa War Against Evil qui va mettre la terre entière à feu et à sang, merci! Mais je m'éloigne du sujet...
Ca vous évoque quoi à vous Noël? Moi c'est bizarre, mais le prononcer me laisse un peu un arrière goût! Les tonnes de fric véhiculées par les cadeaux, les oubliés du Père Noël, la foule sur le Boulevard Haussman des embouteillages de piétons, les queues interminables aux caisses... Et puis tous ceux qui, le coeur vide, vont prétendre le temps d'un soir qu'ils sont heureux, pour ne pas faire de peine aux gens qu'ils aiment. Celui qui va prétendre, le temps d'un soir, qu'il aime sa famille, même Beau-Papa et Belle-Maman qui pourtant le haissent ouvertement, juste pour ne pas gâcher la soirée. Celui enfin, qui attendra avec impatience que tout le monde se barre vite fait pour pouvoir ouvrir l'enveloppe et mesurer à l'aune de son dédain l'avarice de celui qui a cacheté ladite enveloppe!
Vous allez nous embêter encore longtemps, toi et ton pessimisme? Qu'est-ce que tu vas ajouter, là, hein? Les petits vieux tout seuls avec leur dernière dent et leur clebs empaillé? Les enfants qui fêtent deux Noëls différents parce que Papa et Maman ne jouent plus au Papa et à la Maman? Ou bien tu vas nous réciter Les Etrennes des Orphelins, que tu te targueras sans doute de savoir par coeur, Madame Je-sais-mieux-que-tout-le-monde-que-le-bonheur-n'existe-pas?
En fait j'aurais bien aimé, et je le ferai peut-être l'an prochain, mais là non. Là j'ai passé la journée dans les magasins comme tout le monde à faire la queue et les cadeaux, comme tout le monde à detester ceux qui n'avancent pas, et comme tout le monde, à être celle qui bouche le passage à son tour avec ses multiples sacs. Je n'irai pas jusqu'à dire que j'ai aimé ça, il ne faut pas trop m'en demander. Je n'irai pas non plus jusqu'à vous dire que Noël, c'est magique!... Quoique...
Je pourrais continuer à parler de tout ce qui est décevant, choquant, révoltant dans Noël! Mais la liste a été faite bien avant que je ne fête mon premier réveillon! Je remarque juste que ça fait un bout de temps qu'on n'a pas lu quoi que ce soit de positif sur cette fête (sauf pour vendre, bien sûr!). Finalement, je ne sais pas comment Noël se passera! Ce sera peut-être un fiasco total! Mais là je m'en fous! Pourquoi, te demandes-tu, lecteur impatient? C'est simple: à chaque fois que je trouvais un cadeau pour quelqu'un que j'aime, j'imaginais sa réaction lorsqu'il déchirerait le papier brillant et découvrirait ainsi l'objet en question! J'imaginais, je voyais son regard non pas émerveillé, ça c'est des conneries, mais tout simplement content. Ou plutôt je revoyais ce regard, pour l'avoir déjà vu maintes fois, et je revivais ce regard, pour l'avoir moi-même porté. Et le sourire me montait aux lèvres. Et je n'avais même plus mal au porte-monnaie.
Mon père soutient chaque année depuis toujours qu'il ne veut pas de cadeau. Donc chaque année depuis toujours, j'ai appris à reconnaître le regard qui signifie "bon je vais faire comme si c'était super" et le regard de gosse content. C'est ce regard de gosse que je veux faire sortir! Ce sourire du mec qui se sent con d'avoir fait la gueule quand on a sorti les cadeaux de la cheminée ou d'ailleurs! C'est ça, la clé de Noël! C'est tout simple, sans prise de tête! C'est la réussite du challenge suivant: par un petit geste, faire plaisir aux gens qu'on aime. Avec ma soeur on avait inventé l'inverse: offrir le cadeau le plus pourri possible aux gens qu'on n'aime pas et voir leur faux ravissement lors du déballage. Mais ce n'est pas aussi réjouissant que de voir ce petit regard magique se dessiner dans des yeux que l'on voudrait voir sans cesse, pas aussi apaisant que de discerner sur des lèvres chéries ce petit sourire timide mais franc dont on voudrait que jamais il ne s'efface.
Ca vous évoque quoi à vous Noël? Moi c'est bizarre, mais le prononcer me laisse un peu un arrière goût! Les tonnes de fric véhiculées par les cadeaux, les oubliés du Père Noël, la foule sur le Boulevard Haussman des embouteillages de piétons, les queues interminables aux caisses... Et puis tous ceux qui, le coeur vide, vont prétendre le temps d'un soir qu'ils sont heureux, pour ne pas faire de peine aux gens qu'ils aiment. Celui qui va prétendre, le temps d'un soir, qu'il aime sa famille, même Beau-Papa et Belle-Maman qui pourtant le haissent ouvertement, juste pour ne pas gâcher la soirée. Celui enfin, qui attendra avec impatience que tout le monde se barre vite fait pour pouvoir ouvrir l'enveloppe et mesurer à l'aune de son dédain l'avarice de celui qui a cacheté ladite enveloppe!
Vous allez nous embêter encore longtemps, toi et ton pessimisme? Qu'est-ce que tu vas ajouter, là, hein? Les petits vieux tout seuls avec leur dernière dent et leur clebs empaillé? Les enfants qui fêtent deux Noëls différents parce que Papa et Maman ne jouent plus au Papa et à la Maman? Ou bien tu vas nous réciter Les Etrennes des Orphelins, que tu te targueras sans doute de savoir par coeur, Madame Je-sais-mieux-que-tout-le-monde-que-le-bonheur-n'existe-pas?
En fait j'aurais bien aimé, et je le ferai peut-être l'an prochain, mais là non. Là j'ai passé la journée dans les magasins comme tout le monde à faire la queue et les cadeaux, comme tout le monde à detester ceux qui n'avancent pas, et comme tout le monde, à être celle qui bouche le passage à son tour avec ses multiples sacs. Je n'irai pas jusqu'à dire que j'ai aimé ça, il ne faut pas trop m'en demander. Je n'irai pas non plus jusqu'à vous dire que Noël, c'est magique!... Quoique...
Je pourrais continuer à parler de tout ce qui est décevant, choquant, révoltant dans Noël! Mais la liste a été faite bien avant que je ne fête mon premier réveillon! Je remarque juste que ça fait un bout de temps qu'on n'a pas lu quoi que ce soit de positif sur cette fête (sauf pour vendre, bien sûr!). Finalement, je ne sais pas comment Noël se passera! Ce sera peut-être un fiasco total! Mais là je m'en fous! Pourquoi, te demandes-tu, lecteur impatient? C'est simple: à chaque fois que je trouvais un cadeau pour quelqu'un que j'aime, j'imaginais sa réaction lorsqu'il déchirerait le papier brillant et découvrirait ainsi l'objet en question! J'imaginais, je voyais son regard non pas émerveillé, ça c'est des conneries, mais tout simplement content. Ou plutôt je revoyais ce regard, pour l'avoir déjà vu maintes fois, et je revivais ce regard, pour l'avoir moi-même porté. Et le sourire me montait aux lèvres. Et je n'avais même plus mal au porte-monnaie.
Mon père soutient chaque année depuis toujours qu'il ne veut pas de cadeau. Donc chaque année depuis toujours, j'ai appris à reconnaître le regard qui signifie "bon je vais faire comme si c'était super" et le regard de gosse content. C'est ce regard de gosse que je veux faire sortir! Ce sourire du mec qui se sent con d'avoir fait la gueule quand on a sorti les cadeaux de la cheminée ou d'ailleurs! C'est ça, la clé de Noël! C'est tout simple, sans prise de tête! C'est la réussite du challenge suivant: par un petit geste, faire plaisir aux gens qu'on aime. Avec ma soeur on avait inventé l'inverse: offrir le cadeau le plus pourri possible aux gens qu'on n'aime pas et voir leur faux ravissement lors du déballage. Mais ce n'est pas aussi réjouissant que de voir ce petit regard magique se dessiner dans des yeux que l'on voudrait voir sans cesse, pas aussi apaisant que de discerner sur des lèvres chéries ce petit sourire timide mais franc dont on voudrait que jamais il ne s'efface.
par Aude Sécheret
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Asherette publique
Le football me manque un peu. Il ne vous manque pas, à vous? Comment ça, ça existe toujours? Ah bon? Comment ça on n'arrête pas d'en entendre parler? Comment ça je devrais lire l'Equipe?! Mais je lis l'Equipe! On n'y parle pas de football! On ne joue plus au football! Le football n'existe plus!
C'était un beau sport, tout plein de talent et de coeur! C'était des joueurs passionnés, c'était un sport populaire. Bien sûr, c'est toujours plus populaire que la F1: tu peux prendre un ballon et aller jouer avec quelques potes sur le terrain vague du coin... Mais on fait tout pour que tu y joues avec ton maillot à 75 sur le dos et tes pompes adidas. Et le ballon, il faut que ce soit le Special Champions League, sinon rien! Vous vous souvenez la super pub Adidas, dans laqelle Davids nous fait un geste technique de malade? Le but c'est d'aller chercher un ballon dans une forteresse. Pourquoi? demande l'un des joueurs en mission, ce n'est qu'un ballon! Non, répond Figo, ou Thuram ou je ne sais quel milliardaire, "It's rounder"... La pub Ariel a fait son chemin: ils ont inventé le ballon plus rond que rond! Le football, aujourd'hui, c'est ça. Desailly au téléphone pour SFR, Zidane jambe gauche, jambe droite, toujours... et une gorgée de Volvic, Thuram et une quelconque marque de bagnole, Thuram qui a dû se faire des couilles en or en vendant son but sauveur contre la Croatie de Davor Suker en 98! Ca a même commencé avec ce cher Canto, vous vous rappelez cette pub d'une demi heure où notre artiste peintre (prononcer pénn-tre) filmait des mouettes avec un super caméscope? ou avec notre bouc émissaire de 94 (vous vous souvenez, non? la Bulgarie, Gérard Houiller, les premiers pas de Zidane qui avait encore des cheveux et quelque chose à prouver et de l'argent à gagner), qui n'avait même plus le droit d'avoir la tignasse crade à la fin d'un match, juste parce qu'il le valait bien!
Là tu prends le match en cours et tu demandes "Qui c'est qui gagne?" Et là TF1, Canal+, Sony, Adidas, Kappa, Euro-card Master-card, Coca-Cola et consors répondent tous en coeur: "c'est nouuuuuuuuuus!!!" Le football aujourd'hui, c'est 600 millions d'Euros de droits, des transferts dont le prix pourrait nourrir pendant un an l'Afrique entière, des footballeurs milliardaires qui continuent avec la pub de se faire du blé sur le dos des pauvres gens qui achètent du rêve, et qui achètent 100 la place pour un match pour lequel ils se serreront la ceinture pendant trois mois... Et dire qu'il y a ne serait-ce que 15 ans, on pouvait aller voir Auxerre en coupe d'Europe pour 20 balles la place ! (oui, c'était à l'époque des balles)
Aujourd'hui, le fan de foot a le droit de payer son entrée, son maillot collector et son hot-dog à la mi-temps, tout ceci pour la modique somme de je-veux-même-pas-compter. Pour le reste, il se tait, il reste assis, parce que debout, les annonceurs n'aiment pas! Et surtout pas de fumigènes, surtout pas de serpentins, surtout pas de pouêt-pouêt!!! Manquerait plus que le football devienne une fête! Vous me direz Furiani, le stade qui s'écroule, Heysel, les supporters qui se tapent la gueule (29 Mai 1985, 39 morts), Hillsborough (15 Avril 1989, 96 morts), Ellis Park et des enfants piétinés parmi ses 43 morts... Oui je sais tout ça! C'est pas de ma faute si les gens sont cons! Mais je ne crois sincèrement pas que le football rende con. Je crois surtout que nos chers capitalistes, pour qui tous les moyens sont bons pour se faire du fric, exacerbent les rivalités pour faire un maximum d'entrées, pour que l'on consomme notamment les produits à l'effigie de nos équipes favorites (voir pour cela l'ouvrage de Daniel Riolo, Jean-François Pérès et David Aiello, OM PSG, PSG OM, les meilleurs ennemis)... Et puis entre piétiner des enfants et rester assis sans bouger, sans l'ouvrir comme à Roland Garros, il y a un juste milieu, non?
Les seules équipes que j'ai envie de soutenir aujourd'hui, les seuls clubs qui en vaillent la peine, ce sont les petits clubs (l'US Pont L'Evèque Football, le CA Lisieux, et les milliers de petits clubs dont on ignore le nom et l'existence) qui payent leurs cartons jaunes et rouges à la ligue pour qu'elle puisse faire ses chouettes galas au champagne, mais qui évitent aux jeunes de traîner dans les rues, de se droguer avec autre chose qu'une bonne suée, de se défouler sur autre chose qu'un ballon. Parce qu'à l'origine, il me semble, le football, c'était jouer au ballon... C'était un jeu, un sport, une fête, un art! Le football moderne n'est plus qu'un vulgaire argument de vente. Et au coup de sifflet final, on ne fait pas le compte des buts. On fait les comptes.
C'était un beau sport, tout plein de talent et de coeur! C'était des joueurs passionnés, c'était un sport populaire. Bien sûr, c'est toujours plus populaire que la F1: tu peux prendre un ballon et aller jouer avec quelques potes sur le terrain vague du coin... Mais on fait tout pour que tu y joues avec ton maillot à 75 sur le dos et tes pompes adidas. Et le ballon, il faut que ce soit le Special Champions League, sinon rien! Vous vous souvenez la super pub Adidas, dans laqelle Davids nous fait un geste technique de malade? Le but c'est d'aller chercher un ballon dans une forteresse. Pourquoi? demande l'un des joueurs en mission, ce n'est qu'un ballon! Non, répond Figo, ou Thuram ou je ne sais quel milliardaire, "It's rounder"... La pub Ariel a fait son chemin: ils ont inventé le ballon plus rond que rond! Le football, aujourd'hui, c'est ça. Desailly au téléphone pour SFR, Zidane jambe gauche, jambe droite, toujours... et une gorgée de Volvic, Thuram et une quelconque marque de bagnole, Thuram qui a dû se faire des couilles en or en vendant son but sauveur contre la Croatie de Davor Suker en 98! Ca a même commencé avec ce cher Canto, vous vous rappelez cette pub d'une demi heure où notre artiste peintre (prononcer pénn-tre) filmait des mouettes avec un super caméscope? ou avec notre bouc émissaire de 94 (vous vous souvenez, non? la Bulgarie, Gérard Houiller, les premiers pas de Zidane qui avait encore des cheveux et quelque chose à prouver et de l'argent à gagner), qui n'avait même plus le droit d'avoir la tignasse crade à la fin d'un match, juste parce qu'il le valait bien!
Là tu prends le match en cours et tu demandes "Qui c'est qui gagne?" Et là TF1, Canal+, Sony, Adidas, Kappa, Euro-card Master-card, Coca-Cola et consors répondent tous en coeur: "c'est nouuuuuuuuuus!!!" Le football aujourd'hui, c'est 600 millions d'Euros de droits, des transferts dont le prix pourrait nourrir pendant un an l'Afrique entière, des footballeurs milliardaires qui continuent avec la pub de se faire du blé sur le dos des pauvres gens qui achètent du rêve, et qui achètent 100 la place pour un match pour lequel ils se serreront la ceinture pendant trois mois... Et dire qu'il y a ne serait-ce que 15 ans, on pouvait aller voir Auxerre en coupe d'Europe pour 20 balles la place ! (oui, c'était à l'époque des balles)
Aujourd'hui, le fan de foot a le droit de payer son entrée, son maillot collector et son hot-dog à la mi-temps, tout ceci pour la modique somme de je-veux-même-pas-compter. Pour le reste, il se tait, il reste assis, parce que debout, les annonceurs n'aiment pas! Et surtout pas de fumigènes, surtout pas de serpentins, surtout pas de pouêt-pouêt!!! Manquerait plus que le football devienne une fête! Vous me direz Furiani, le stade qui s'écroule, Heysel, les supporters qui se tapent la gueule (29 Mai 1985, 39 morts), Hillsborough (15 Avril 1989, 96 morts), Ellis Park et des enfants piétinés parmi ses 43 morts... Oui je sais tout ça! C'est pas de ma faute si les gens sont cons! Mais je ne crois sincèrement pas que le football rende con. Je crois surtout que nos chers capitalistes, pour qui tous les moyens sont bons pour se faire du fric, exacerbent les rivalités pour faire un maximum d'entrées, pour que l'on consomme notamment les produits à l'effigie de nos équipes favorites (voir pour cela l'ouvrage de Daniel Riolo, Jean-François Pérès et David Aiello, OM PSG, PSG OM, les meilleurs ennemis)... Et puis entre piétiner des enfants et rester assis sans bouger, sans l'ouvrir comme à Roland Garros, il y a un juste milieu, non?
Les seules équipes que j'ai envie de soutenir aujourd'hui, les seuls clubs qui en vaillent la peine, ce sont les petits clubs (l'US Pont L'Evèque Football, le CA Lisieux, et les milliers de petits clubs dont on ignore le nom et l'existence) qui payent leurs cartons jaunes et rouges à la ligue pour qu'elle puisse faire ses chouettes galas au champagne, mais qui évitent aux jeunes de traîner dans les rues, de se droguer avec autre chose qu'une bonne suée, de se défouler sur autre chose qu'un ballon. Parce qu'à l'origine, il me semble, le football, c'était jouer au ballon... C'était un jeu, un sport, une fête, un art! Le football moderne n'est plus qu'un vulgaire argument de vente. Et au coup de sifflet final, on ne fait pas le compte des buts. On fait les comptes.
par Aude Sécheret (merci à Christophe Hernandez)
publié dans :
Asherette publique
